Favorisez la visualisation d’image mentale

   Qu’est-ce qu’une image mentale ? C’est une image entièrement crée par notre cerveau, avec des éléments du concret qui nous entoure. Ces images se forment lors d’un apprentissage. C’est en fait une des moyens que le cerveau humain a développé pour retenir ce qui doit l’être et permettre à un individu d’être dans le monde réel, dans un environnement particulier et de s’y adapter. Car une seule image contient des centaines voire des milliers d’informations.

Un exemple d’image mentale

   Alors, par exemple, de quelles images mentales disposons-nous ? Et bien, prenons notre logement. Si nous avons besoin d’aller de la cuisine à la chambre, nous savons qu’il faut tourner à gauche dans le couloir, monter l’escalier, ouvrir une porte… Nous pouvons visualiser le chemin les yeux fermés, par ce que nous le voyons virtuellement dans notre cerveau.

   Nous l’avons appris sans nous en rendre compte. Et notre cerveau l’a fixé pour mieux nous servir lorsque nous en avons besoin. C'est le même principe pour la lecture des cartes géographiques : à la question « Le Brésil est-il sur le continent européen ? » une image virtuelle d'une carte apparaît dans notre cerveau. Nous y cherchons le Brésil pour pouvoir répondre. Ensuite, à force d'avoir répondu à cette question - merci à la répétition - nous connaîtrons la réponse par cœur. Du coup, nous n'aurons plus besoin de cette image. Cette information intégrée, notre cerveau devient disponible pour autre chose.

Une image mentale est donc une étape dans l'intégration d'une connaissance.

D'où vient une image mentale ?

   En fait, ces images sont la base de l’abstraction. Elles se créent en permanence, dès que nous avons besoin de fixer des informations utiles. Note cerveau procède à des liens permanents entre toutes les informations qui lui arrivent. Ces liens lui servent pour fabriquer une image mentale lorsqu'il y a un intérêt pour cela.

   Une image créé par le cerveau est une économie d'énergie, une simplification de tout ce que le cerveau doit retenir. On sait aujourd'hui, grâce aux études neurologiques, comment cela se passe.
Ces sortes d'images apparaissent lorsque des groupes de neurones se sont connectés et regroupés à force d'avoir été sollicités pour une tâche particulière. Ainsi, les différents types de neurones que nous possédons participent chacun à un type d'action : par exemple, ceux qui vont être sollicités lorsque la main prend un objet, les neurones reliés au canal auditif, d'autres qui interviennent lorsque nous sommes très concentré sur un sujet particulier. Ils ne sont pas ordinairement nécessairement sollicité en même temps. Sauf pour certaines actions ou apprentissage, précisément.

Des regroupements de neurones pour une image efficace

   Pour que ce regroupement de neurone soit constitué, il faut les solliciter suffisamment. Et une fois que ce regroupement est établit, c'est là que l'action ou l'idée est solidement ancrée. Les détails qui ont jalonné l'apprentissage sont oubliés lorsque l'on utilise cette idée.
Ainsi, lorsqu'un enfant manipule les réglettes, il créé un regroupement neuronal car les informations proviennent de ses mains, de ses yeux, de sa concentration, de sa voix s'il dit ce qu'il cherche. Lorsqu'il aura intégré l'idée que 1+1 =2 il ne se souviendra plus es étapes, des détails de toutes ces informations dont il a eu besoin pour ancrer cette idée.

   Les meilleurs regroupement neuronaux sont ceux qui soulage la conscience de l'enfant : pour utiliser cette idée ou cette action, l'enfant ne dépense plus aucune énergie à y réfléchir. C'est exactement ce qui arrive si je vous demande quel est le double de 3. Et quand ces groupements neuronaux ont été mis en place, tout devient « facile ».

   C’est pourquoi il est très important de les favoriser chez les jeunes enfants. D'ailleurs, on le fait assez spontanément dans beaucoup de domaines. Par exemple, en racontant des histoires, ou en leur apprenant à s’orienter dans les trajets usuels. C'est une façon d’entraîner le cerveau à en fabriquer rapidement.
Plus une image mentale est riche en informations et en liens, plus efficace sera l'apprentissage qui lui est lié.

   Alors, on voit bien l'apport essentiel de cette capacité du cerveau, de ce fonctionnement. Et notamment en mathématiques, cela favorise le développement de l’abstraction. Et c'est précisément une des raisons de l'efficacité des réglettes de Cuisenaire.

Comment favoriser une image mentale ?

   Les images se créent au fur et à mesure que votre enfant manipule les réglettes et découvre leur relations. Il manipule beaucoup, dans un premier temps. Ainsi ses mains autant que ces yeux, autant que son oreille apportent des informations différentes mais reliées entre elles. Du coup, le cerveau les associent et crée des images.
Et c'est là que vous devez intervenir.

  Ces groupements de neurones et ensuite ces images sont favorisés par :

  • La focalisation de son attention sur un seul sujet. Si la dispersion est trop grande, la focalisation n'est pas suffisante. Donc, exit les écrans, la radio, les discussions annexes, le bruit... ;
  • La présentation de l'idée générale de ce que l'on veut, le contexte.
  • L'activité personnelle. Comprendre sur un exemple ne suffit pas ! Il faut refaire sois-même !

   Comment faire ? Eh bien, tout d'abord, donner au cerveau la possibilité de se focaliser sur un seul sujet. Donner le temps à votre enfant de manipuler lui-même, autant de fois qu'il a besoin. Sans être pressé, sans passer pour un « lent , il a besoin de répéter une expérience. C'est normal, c'est même très bien. De plus, il cherche à s'assurer par lui-même que telle combinaison de réglettes répond à sa question et telle autre non.

   Progressivement, en fonction de son avancée, vous lui posez une question et lui demandez s’il peut vous répondre AVANT de manipuler. Et il vérifiera ENSUITE en manipulant les réglettes. Dans ce cas, pour vous répondre, il va être obligé de puiser, dans les images qu’il a déjà fixées, celles qui vont l’aider à atteindre son but.

Réinvestir une image dans un apprentissage

   En rappelant les images déjà présentes, votre enfant réinvesti et renforce de groupement de neurones. C'est pourquoi je vous propose les étapes suivantes lors de l'accompagnement :

  1. La découverte : vous lui demandez d’agencer les réglettes comme cela est précisé dans les exercices pour découvrir une notion. Par exemple : « Peux-tu placer la jaune puis la rouge dessous. » « Quel est le complément de 2 à 5 ? » À ce moment, votre enfant découvre, c'est nouveau, il est concentré.
  2. La révision : après avoir manipulé tous les cas proposés, vous reprenez, dans le désordre, un autre jour, à une occasion, les exercices proposés. Selon son rythme, il devra chercher à placer la bonne réglette encore une fois, puis deux, peut-être trois. Peu importe le nombre, soyez patient.
  3. La visualisation : lorsque vous voyez que sa réponse est rapide, reposez-lui les mêmes questions en lui demandant la réponse sans toucher aux réglettes. Puis en vérifiant après.

   Adoptez ces étapes pour toutes les manipulations et votre enfant développera une énorme « banque d’images mentales » dans laquelle il ira puiser plus tard pour résoudre n’importe quelle situation. Et cela préparera très favorablement le terrain pour l’apprentissage des maths au collège.

Plaisir des nombres - Commentaires sur les images mentales

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