Pourquoi tout le monde peut réussir en maths

   En effet, tout le monde peut réussir en maths. Évidemment, car en tout premier lieu, lorsqu’un enfant naît, il ne sait ni jouer de la musique, ni taper dans un ballon, ni résoudre des équations… Tout ce qu’il saura faire un jour, il devra l’apprendre… Cela paraît trivial ?    Oui, bien sûr, et ça l’est. Alors si l’on continue dans ce sens, il faut bien s’avouer que pour « être bon » dans une activité, il faut avoir rencontré un jour cette activité et l’avoir apprise… Apprendre… pourquoi et par quelles méthodes ?… peut-être que la réponse est là…

   Ah, oui, il y a les discours récurrents qui prétendent que certains sont « naturellement doués » et pas les autres… Alors il est difficile d’expliquer pourquoi des enfants à qui telle ou telle chose n’a été apprise ne savent malheureusement pas la faire. Il est beaucoup d'exemples évidemment : beaucoup d'enfants n'apprennent pas la musique, ou la broderie ou le tissage ou la peinture ou l'écriture de roman....

   Malheureusement, nous ne manquons pas de ces exemples pour qu’il s’en dégage une espèce de vérité. Tous ces enfants seraient-ils, par un jeu de hasard vraiment étrange, précisément de ces enfants qui n’étaient pas « vraiment bons » au départ ?

En maths, c'est toujours un peu spécial...

   Pour aller plus loin, il faut se demander ce que signifie réussir, « être bon en maths »… Car étrangement, cette question ne se pose que rarement, et pas en terme dramatique, pour le dessin, par exemple, le chant ou l’endurance. Dans ces domaines, comme dans beaucoup d’autres, on pense assez spontanément que le niveau d’une personne va dépendre de sa pratique, de la qualité de l’environnement, des professeurs, de l’âge au début etc.

   Mais pour les mathématiques, c’est différent. Et pourtant, « être bon en maths » ne signifie pas que l'on ait envie d'en faire son métier, ni que l'on veuille postuler pour la médaille Fields à 25 ans. Non, c'est bien autre chose !

Plaisir des nombres - Medaille Fields - recto - Cuisenaire, réussir  en mathématique
Médaille Fields, décernée tous les quatre ans. Profil d'Archimède.

Mais alors, réussir en maths, qu'est-ce que ça veut dire ?

   Effectivement, posons cette question, qui au fond est essentielle. Pour s’apercevoir, que c'est en fait assez simple. Si vous regardez bien autour de vous, qu'est-ce qui vous fait considérer untel comme « bon en » quelque chose : bricolage, couture, peinture, écriture, chant, rugby, méditation, mécanique.... ?

Eh bien, simplement ceci :

  • que toutes les bases de l’activité sont acquises, c'est-à-dire apprises et maîtrisées. Donc réutilisables dans n'importe quelle situation.
  • qu'une situation nouvelle dans cette activité ne provoque pas de peur, ni de stress, ni de découragement, ni d'effondrement de la personne.

   En y réfléchissant avec les exemples qui nous entourent, ces deux points sont essentiels dans l’assurance qu’une personne peut montrer. Effectivement, cette personne connaît parfaitement les bases de ce quelque chose : les techniques et les règles de rugby, les différentes outils de bricolage, leur noms et leurs utilisations, la plupart des points qui existent en couture, les mélanges possibles des peintures... Les bases sont solides et suffisent à donner confiance pour aller plus loin.

Pour réussir, « Se dépasser soi-même pour conquérir le monde »

Plaisir des nombres - Medaille Fields - verso - Cuisenaire, réussir en mathématique
Recto de la médaille Fields, avec l'injonction en latin : « Se dépasser sois-même pour conquérir le monde ».

   C'est un peu comme si cette personne avait constamment un gros sac bien rempli qui l'accompagne, partout où elle va. Un sac contenant toutes ses connaissances. C'est-à-dire un sac rempli patiemment avec les nombreux essais-erreurs-corrections qui l'ont fait progresser dans cette activité. Et aussi avec toutes les situations différentes dans lesquelles elle a utilisé ce qu'elle sait. C'est-à-dire son expérience.

   Et lorsqu’il s’agit de fabriquer un objet, de peindre un nouveau tableau, de jouer dans une nouvelle équipe, de calculer une division, pas de panique, pas de peur paralysante. Que fait notre personne ? Elle utilise ce qu’elle connaît et y va. Ainsi, elle trouve dans son sac exactement ce dont elle a besoin. Et comme elle maîtrise les outils de base, elle choisit parmi eux celui,  adéquat, qui convient à cette situation-là. Et ainsi de suite pour toutes les situations.

   Vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas ?

Voilà pourquoi être « bon en » est essentiellement une question d’entraînement et de temps.

Ni gène, ni aptitude de naissance

   Et cela n’a rien à voir avec de quelconque dispositions génétiques ou mentales ! Non, évidemment, car alors, il faudrait un gène pour tous les apprentissages... D'ailleurs, sachant que nos ancêtres de l'Antiquité et même de la  préhistoire ne connaissaient pas grand chose encore des équations ni de la règle de trois, comment expliquer qu'avec les mêmes gènes, nous puissions comprendre ces notions ?

   Pour ce qui est des dispositions mentales « spéciales » qui rendraient certaines personnes aptes à comprendre les mathématiques et pas les autres, ça ne tient pas non plus la route. Pour une raison fort simple : lorsqu'un enfant né, son cerveau ne sait pas à quelle époque il va naître, ni dans quel lieu, ni de quelles ressources intellectuelles cet enfant aura besoin. Par conséquent, comment le cerveau, la vie ou la nature, comme on veut, pourrait prévoir que cet enfant va apprendre les pourcentages à 11 ans ? Car il est aujourd'hui des endroits sur la Terre où les enfants n'apprennent pas cela... On sait aujourd'hui que chaque enfant naît avec des capacités « surdimensionnées », avec un potentiel extraordinaire, avec un cerveau « surpuissant », qui laisse le champ libre aux apprentissages. Ce qui est utilisé est développé, ce qui ne l'est pas, disparaît.

Réussir ? Entraînement, temps et motivation...

   Il y a une chose par contre qui va très fortement influencer notre manière d'être bon ou pas dans un domaine : c'est la motivation. Oui, la motivation est probablement le moteur le plus important pour l'apprentissage. De quelles manières la motivation agit-elle ? D'où vient-elle ? C'est l'objet de cet article...

   Alors bien sûr, si l’envie n’y est pas du tout, il faudra lutter contre la dispersion de l'esprit. Ces esprits qui cherchent partout autour d'eux de quoi les « nourrir intellectuellement », ça donne des enfants « dissipés » à l'école. Ça joue sur la facilité et la durée d'un apprentissage. Mais pas sur les capacités à devenir « bon en ».

Un sac parfaitement rempli, pour réussir toute sa vie !

   Voilà pourquoi tout le monde peut être bon en maths. Acquérir les bases en arithmétique et en algèbre est une question de temps et d'entraînement, comme l'art, le sport, les langues...

   Peut-on dire qu'il existe des personnes qui ne sauront jamais parler de langues étrangères ? Non, c'est évident que non. Avec le temps nécessaire, n'importe qui peut apprendre un alphabet nouveau, des mots courants et la syntaxe de base. Et à n'importe quel âge ! Par contre, la connaissance des langues n'attire pas tout le monde de façon égale. Alors, la différence se verra dans le temps, entre ceux qui continuent et deviennent bilingues et ceux qui garderont un niveau simplement suffisant pour échanger un peu tous les jours avec des natifs, mais ne liront pas de roman en version originale.

   Eh, bien, en mathématiques, c’est exactement pareil. Les bases peuvent être apprises par tous et par toutes. Il n’y a pas de « doués » en maths qui auraient la « bosse des maths » à 5 ans et les autres. Il n’y a que des personnes qui ont eu al chance d'une bonne entrée en matière. Et qui restent donc ensuite plus intéressées que d’autres pour continuer dans cette voie, c’est la seule différence.

   Et à quoi tient cette différence ? Au choix de vie, de métier, d'activité, aux rencontres qui orientent parfois une vie, aux intérêts divers de chacun... Mais certainement pas aux compétences supposées dans l'enfance !

Être bon en maths... et heureux !

   Voilà l'essentiel qui doit nous construire : de bonnes bases doivent être bien assimilées. Des bases suffisantes pour, d’une part, nourrir les esprits de rigueur et de vérité. Et d’autre part, pour construire des esprits libres et indépendants, capables de trouver leur place dans la société.

   Alors, dans cette optique, les maths deviennent tout autre chose. Intrigantes, subtiles, amusantes, parfois curieuses… En tout cas, plus du tout cet objet de torture qui empoisonne la vie de tant de collégiens !…

   Être bon en maths, oui, c’est possible pour tous et toutes. Encore faut-il pouvoir les apprécier ! Les réglettes de Cuisenaire sont un outil privilégié pour cela. Alors, pourquoi ne pas essayer avec votre enfant ?

Plaisir des nombres - Commentaires pour réussir en maths

5 thoughts on “Pourquoi tout le monde peut réussir en maths”

  1. Bonjour
    Nous vivons en Italie et mon fils après 3 années de collège doit choisir son lycée pour l’année prochaine.
    Il aimerait faire un lycee sciences appliquées, il a une moyenne en maths de 14 mais sa prof nous dit que la mathemathique ne lui vient pas naturellement. Cela nous a beaucoup déstabilisé. Qu en pensezvous ?

    1. Bonjour,
      Tout d’abord une note ne veut rien dire du tout. Cela rassure simplement les enseignants et – parfois les parents – car ça remplit des cases… Il est difficile de statuer ne connaissant ni votre enfant ni son enseignant, mais ce qui est sûr, c’est que pour que la mathématique vienne naturellement, il faut les bons réflexes. C’est à dire que les notions de bases soient suffisamment ancrées, comprises et reliées entre elles pour être disponibles lorsqu’il s’agit d’aborder une nouvelle notion ou de résoudre un exercice. Ces réflexes ne s’acquièrent que par l’entraînement. Comprendre le cours est nécessaire mais pas suffisant. De multiples exercices doivent ensuite être faits pour intégrer le cours. Le commentaire de cet enseignant peut signifier que votre enfant a besoin de beaucoup d’exercices pour intégrer véritablement son cours. Ce qui est le cas de tout le monde… bien qu’on l’oublie trop souvent et trop rapidement… Ce qui signifie sûrement qu’il n’y en a pas suffisamment de fait pendant le cours. En France, c’est tout à fait le cas : trois ou quatre exercices au mieux alors qu’il en faudrait bien plus pour aborder toutes les difficultés. Que votre enfant continue, sans se soucier des commentaires de son enseignant, et s’entraîne par lui-même assidûment sans hésiter à refaire des exercices sur des notions déjà vues. C’est toujours très bon de se rafraîchir la mémoire !
      Bonne continuation à vous et merci de votre commentaire !
      Mireille

  2. Très bel article ! Merci de nous le rappeler, on pense trop souvent que pour nous ce n’est pas possible… Dans mon parcours, j’ai subit ce genre de préjugé, et aujourd’hui je me suis remise à étudier et je comprend tout ! Comme quoi.

      1. Bonjour Lynda,
        Bien sûr que l’on peut ! Trentaine ou plus, peu importe, tant que vous êtes motivée ! Pour étudier, il suffit de travailler, c’est-à-dire n’avoir pas peur de se poser devant un exercice, et le refaire, et en refaire d’autres pour bien assimiler une notion. Prendre le temps nécessaire et savoir que l’on peu y arriver, c’est la clé !
        Si vous avez besoin, je peux vous aider…
        Amicalement,
        Mireille

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