Confiance et enseignement des maths, quel lien ?

   Nous avons vu le premier enjeu, majeur pour l’avenir de chaque enfant, que représente l’enseignement des mathématiques. Et pourtant, ce n’est pas le seul. Le deuxième enjeu, tout aussi important, concerne la confiance.

Un classement objectif, et indépendant de tout autre facteur que les connaissances ?

   Nous avons vu que, très tôt, les enfants sont classés. Vous me direz, c’est objectif, il y a les notes, tout le monde est noté pareil avec les mêmes questions… « Donc, si la note est mauvaise, c’est que l’enfant ne sait pas ce qu’il devrait savoir... ». Logique… Imparable… Sauf que ce n’est pas si simple.

Pourquoi réussit-on à répondre correctement ?

   Écrire la bonne réponse ou la donner à l’oral suppose deux éléments aussi important l’un que l’autre. D’une part, il faut avoir une réponse en tête. On ne sais pas si c’est la bonne, forcément, mais on en a une. Ce qui est la conséquence d’un certain nombres d’apprentissages précédents pour être en mesure de construire une réponse.

   Il faut donc être en possession d’une connaissance que l’on suppose être adaptée à la situation. Par exemple, si je vous demande : « Quel nom porte la figure géométrique dont tous les côté ont même longueur ? ». Faut bien d’abord avoir compris et mémorisé ce qu’étaient une figure, où sont les côtés… Et vous pensez : « Peut-être le carré ? Peut-être le rectangle ? ».

   Le second élément découle du premier : une idée nous vient que l’on suppose être la réponse correcte. On ne le sais pas de façon certaine, il y a toujours un doute, un risque que cette idée ne soit pas la bonne. Il faut donc pouvoir dépasser ce doute pour répondre. Il faut dépasser la peur de se tromper, la peur de « n’être pas bon », la peur de « ne pas être à la hauteur d’une question si facile ». Il faut oser.

Et la confiance dans tout ça ?

   Et pour oser, il faut se faire confiance ! Confiance en soi. Confiance que l’on n’est pas plus bête que la voisine qui est toujours première de la classe ou que le voisin qui est super fort en maths. Une personne, enfant ou adulte, qui n'a pas confiance en lui ne répondra pas.

   Vous pouvez faire le test suivant : vous organisez une conférence ou regroupez des amis chez vous. Parmi eux, se trouve une personne considérée comme spécialiste d'un sujet, les maths, par exemple. Et maintenant posez une question à laquelle vous savez que tout le monde peut répondre, comme « Si je multiplie par 9, c'est bien la même chose que de multiplier par trois puis encore par trois, non ? ». Combien oserons répondre ? Même si au fond d'eux, ils se disent que « Ça doit être vrai car trois fois trois font neuf... », la plupart se disent immédiatement « Il y a sûrement une subtilité que je ne vois pas..... ». Ils ne font pas confiance à leur propres capacités à penser en maths. Et pourtant, ils connaissent la réponse, ou pourraient la trouver assez simplement.

   Combien de parents entendent : « Ne participe pas assez à l’oral » ? Le manque de confiance fait qu'on a bien trop peur de se tromper...

   Ne vous est-il jamais arrivé d'avoir trouvé une réponse mais d’avoir besoin de vous assurer auprès du voisin, du cours, d’un livre ou d’internet que c’est la bonne réponse? De vérifier ?

   Oui, pour répondre il faut se faire confiance. Mais arrivés au collège, combien d’enfants ont déjà baissé les bras face aux maths.

La confiance, enjeu majeur, donc...

   Instruisons les jeunes esprits pour qu’ils puissent réellement développer leur confiance en eux. Aidons-les à intégrer l’idée qu’ils en sont capables.

   Et pour arriver à ce but, il faut quelque chose de différent :

  • qui autorise l’erreur comme un pas supplémentaire dans la réflexion, comme la preuve d’une exploration de la pensée ;
  • qui autorise l’enfant à se corriger lui-même. Et pour cela il faut des outils pratiques le permettant ;
  • qui autorise le cerveau à prendre le temps nécessaire au traitement de l’information reçue par les mains, les yeux, l’ouïe. Puis à l'intégration et enfin au stockage de cette information. C'est-à-dire 1/ je comprends l'idée 2/ j'intègre cette idée parmi les autres déjà en place 3/ j'enchaîne cette idée pour longtemps, je la mémorise ;
  • et surtout, grâce auquel l’enfant avance de succès en succès vers la réussite.

Voilà pourquoi je présente les réglettes Cuisenaire tout au long de ce site.

Plaisir des nombres - Commentaires sur la confiance

1 thought on “Confiance et enseignement des maths, quel lien ?”

  1. Moi j’ai eu la chance de rencontrer un prof qui nous faisait vraiment confiance et qui disait toujours “moi je crois que tu es capable de faire ça”, ça m’est resté ! Maintenant je le dis aussi à mon fils et ça marche il ose plus que moi à son âge.

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